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France : l'UIC abaisse ses prévisions pour 2004

Chimie Pharma Hebdo - 259 - Lundi 14 juin 2004

La chimie française semble avoir beaucoup de mal à profiter du regain de croissance dont bénéficient nombre de ses consœurs. Espérée depuis de longs mois, la reprise du secteur se fait attendre. Elle sera même « tardive et lente », selon l'UIC (Union des industries chimiques), qui vient de publier les résultats du secteur pour le premier trimestre 2004.

Au cours de la période, l'activité de la chimie française, hors pharmacie, recule de 0,6 % en volume par rapport au premier trimestre 2003. L'apport de croissance de la pharmacie, traditionnel moteur de la chimie française, porte à un timide 0,3 % sa progression en volume.

Le principal métier touché est, comme à l'habitude, celui de la chimie de base, aussi bien chimie minérale que chimie organique, qui tarde à rebondir (­1,9 % au 1 er trimestre 2004 par rapport au 4 e trimestre 2003). Les secteurs des spécialités chimiques (parachimie) et des savons, parfums et produits d'entretien tirent parti de la meilleure tenue de la consommation des ménages et du commerce international, avec des taux de croissance respectivement de 1,5 % et 0,3 % par rapport au trimestre antérieur.

Temps couvert pour la chimie en 2004

Une morosité qui pousse l'UIC à réviser à la baisse ses prévisions de croissance pour l'ensemble de l'année 2004, (voir tableau) : la chimie devrait ainsi croître cette année de 1,9 %, contre un chiffre de 2,9 % prévu jusqu'alors. Selon l'organisation, « ces prévisions permettent d'espérer que l'année 2004 compensera le repli constaté en 2003, mais elle ne rattrapera pas les reculs successifs subis lors des deux années antérieures ».

Les futurs membres du groupe de réflexion stratégique sur l'industrie chimique ­ dont Patrick Devedjian, ministre délégué à l'Industrie, a annoncé la création lors des 2 es Rencontres parlementaires de la chimie, le 1 er juin dernier ( CPH n°258, p.3 ) ­ auront fort à faire et surtout à proposer pour tenter de redresser la compétitivité de la chimie en France, y compris par rapport à ses concurrents européens. Les conclusions de ce groupe stratégique seront rendues en décembre prochain, lors des "Etats généraux de la chimie" qui se tiendront à Paris. Rappelons en effet que la chimie européenne devrait enregistrer jusqu'en 2015 une croissance annuelle moyenne de 1,9 %, contre 1,7 % pour la France.

De son côté, la société française Euler Hermes SFAC, spécialisée dans l'assurance-crédit, estime que la chimie minérale, après une baisse de sa production en valeur de 3,4 % l'an dernier, devrait continuer à souffrir cette année. La société prévoit ainsi une quasi-stabilité du secteur, avec une diminution de la production limitée à 0,2 %, puis de 0,5 % en 2005. Pour la chimie organique, la hausse devrait être ralentie, passant de 2,6 % l'an dernier à 2,2 % en 2004, avant de revenir à 2,6 % en 2005.

Dans la parachimie, les estimations de Euler Hermes SFAC sont plutôt optimistes, avec une progression de 0,5 % cette année (0,1 % en 2003) et de 2,6 % en 2005. Dans son enquête baptisée "Météo des secteurs français", la société estime que « la chimie française entame l'année 2004 de façon incertaine, malgré des meilleures performances dans les fertilisants (portés par l'augmentation des surfaces cultivées) et dans la parachimie (les peintures et vernis bénéficiant de la reprise de la croissance dans certaines régions du monde) ».

Néanmoins, précise l'étude, « la chimie organique reste pénalisée par la hausse des prix de l'énergie et par l'obligation de respecter des normes environnementales toujours plus sévères ». 

 

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