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Restructuration : Schering lance un vaste plan de réorganisation

Chimie Pharma Hebdo - 260 - Lundi 28 juin 2004

Aux 1 100 suppressions d'emplois déjà prévues à travers le monde, Schering en ajoute 900 nouvelles d'ici à 2006. Soit au total près de 8 % de l'effectif total du groupe allemand, qui entend aussi fermer la moitié des 24 petits sites qu'il possède dans le monde.

Cette cure d'amincissement drastique devrait se traduire par une réduction de 200 millions d'euros des coûts administratifs, de production et de développement et vise à atteindre une marge opérationnelle de 18 % d'ici à 2006, contre 14 % en 2003. Au total, ces suppressions d'emplois vont lui coûter quelque 70 millions d'euros. Malgré une hausse des ventes de ses principaux produits, le groupe a vu son chiffre d'affaires baisser de 4 % à 4,8 milliards d'euros en 2003, en raison de l'impact des taux de change. En excluant cet effet, la croissance des ventes s'établit à +6 %. Schering fabrique en effet l'essentiel de ses médicaments en Europe, alors qu'il réalise près de 40 % de ses ventes aux Etats-Unis et au Japon.

Parallèlement à ces mesures, Schering recentre ses activités autour de quatre grands axes : la gynécologie-andrologie et les produits pour l'imagerie médicale, deux piliers historiques, ainsi que les thérapeutiques spécialisées et surtout l'oncologie, une division nouvellement créée, à fort potentiel de croissance. La compagnie mise en effet beaucoup sur le PTZ/ZK, développé avec Novartis. Le lancement de ce blockbuster potentiel est prévu pour 2006. A l'inverse, Schering va cesser toute activité de R&D dans les domaines des maladies cardio-vasculaires et du système nerveux central, à l'exception de la maladie de Parkinson et de la sclérose en plaques, une maladie ciblée par le médicament vedette du groupe, Betaferon (interféron-bêta 1b). Commercialisé sous le nom Betaseron aux Etats-Unis et au Canada, c'est le plus important produit du groupe en termes de ventes. Son chiffre d'affaires global a atteint 770 millions d'euros l'an dernier, en hausse de 8 % en monnaies locales.

Schering filialise aussi sa division Dermatologie (200 millions d'euros de CA en 2003, soit environ 4 % du CA global) qui sera transférée dans une entité juridique distincte. Des sources proches de l'entreprise avaient indiqué début mai que Schering négociait la vente de sa dermatologie pour 400 à 500 millions d'euros. Mais le président du directoire, Hubertus Erlen, a précisé avoir décidé pour le moment de ne pas la vendre. Elle emploiera 600 personnes et sera initialement détenue à 100 % par le groupe allemand, qui ne cache toutefois pas son intention de conclure des alliances dans le domaine. Son portefeuille comprendra initialement les produits Advantan and Nerisona pour le traitement de l'eczéma, Travocort (dermatomycoses), Skinoren (acné), Finacea (rosacea) et enfin Psorcutan et Psorcutan Beta (psoriasis). Ainsi que des produits en développement dont les principaux sont des formes topiques et orales de dérivés de la vitamine D pour le traitement du psoriasis.

La réforme du système de santé allemand en cause

Le lancement par Schering de cette profonde restructuration intervient alors que les laboratoires pharmaceutiques allemands commencent à ressentir, en plus du poids des taux de change défavorables, les effets de la réforme du système de santé d'outre-Rhin, selon la porte-parole de la BPI, homologue allemand du Leem.

Résultat : au cours du 1 er trimestre 2004, les ventes de médicaments soumis à ordonnance ont chuté de 10,7 %, et pour ceux sans ordonnance de 46,8 %, soit un recul en volume d'environ 700 millions d'euros, selon IMS Health. L'autre grande fédération du secteur en Allemagne, la VFA, évalue le manque à gagner total attendu sur l'année à 3 milliard d'euros. Un chiffre jugé très exagéré par le gouvernement. Le président du BPI, Bernd Wegener, a déclaré que la réforme de la santé « fait perdre de la compétitivité et de l'argent principalement aux PME qui constituent 90 % du secteur national, ce qui va se répercuter sur les investissements dans la recherche et le développement ». Fin 2003, Merck KgaA avait déjà renoncé à un investissement de 300 millions d'euros dans le pays pour la fabrication de médicaments anti-cancéreux en invoquant l'impossibilité de fixer librement les prix de ses produits. Selon un récent sondage du BPI, 54 % des entreprises du secteur estiment leur existence en danger du fait de la réforme de la santé et 70 % prévoient de réduire leurs effectifs.

 

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